teide

ETAPE 6

LA GRANDE CORDEE

ESPAGNE

1er au 9 mars 2008

Teide : 3718 m

De la neige sous les tropiques

La Grande cordée prend de l'altitude, l'objectif du séjour est le Teide. C'est le quatrième plus haut sommet de notre liste, un des quatre qui culminent à plus de 3000 mètres et le plus au sud de tous. Tenerife possède un climat des plus clément tout au long de l'année. Nous prenons donc nos maillots et l'avion pour une semaine de rando et d'escalade sous les tropiques.

Rando / Conde

Le dimanche matin c'est le temps des courses et… De la piscine. Vers 14 heures nous arrivons enfin à nous mettre en route pour aller randonner sur les hauteurs de Los Christianos. Au départ d'Arona, nous commençons par descendre au fond d'un canyon. Nous remontons immédiatement sur l'autre flanc et deux heures durant nous cheminons, au milieu des cactus, vers le sommet du Conde une petite montagne à 1001 mètres d'altitude. C'est une balade facile qui permet de se remettre en forme. Là haut la vue est malheureusement bouchée, ici aussi le climat n'est plus le même, nous n'apercevons qu'à peine un bout de l'île voisine, la Gomera. Une heure de descente achèvera cette sympathique remise en jambe.

 

 

 

Escalade / Arico

C'est LA falaise équipée et topographiée de Ténérife. Le topo de la région se trouve au bar Central. Les gorges d'Arico sont complètement asséchées et les voies d'escalade parcourent sa rive gauche sur deux ou trois cent mètres de long. Le niveau est plutôt costaud mais quelques secteurs offrent des voies d'une difficulté plus abordables pour notre groupe. Le site est magnifique et le beau temps au rendez-vous même si les gorges seront par moment noyés dans les nuages. Les longueurs varient entre 12 et 25 mètres selon les secteurs et sur les 220 voies du site 40% sont cotées 7 et 8.

Escalade / La catedral

La catedral est un piton rocheux situé au milieu de la caldeira au pied du Teide. Le spectacle est fabuleux. La route coupe de gigantesques champs de lave. Sur un parking aménagé pour le point de vue, nous rencontrons Javier un des gardiens du parc. Il répond à toutes nos questions avec passion. Il aime son travail, son parc et partage son amour du volcan. Il nous donne une photocopie du topo des voies d'escalade de la catedral. Ne le cherchez pas en boutique cela tient sur deux pages et n'est distribué que par les gardiens du parc.

Le parking se trouve près du parador (hôtel). Avant de descendre par le sentier de rando au pied de la catedral nous ne résistons pas à faire, nous aussi, la photo que l'on voit sur toutes les cartes postales : un rocher en forme de menhir avec le Teide en fond.
La Catedral fait 120 à 150 de mètres de haut. Sa forme diffère selon les faces. Elle ressemble à une falaise classique sur une face mais sur une autre c'est une superposition de grosses boules déversantes, sur une autre c'est une coulée de lave.

Le topo laisse perplexe une partie d'entre nous : il y a peu de voies équipées ou alors semblent elles assez dures. Après le pique nique, une partie d'entre nous décide d'aller randonner aux alentours avec les enfants pendant que les autres grimpent.
Avec Claudius, nous partons, sur la face opposée au parador, dans une voie dont la première partie est équipé en artif. Nous escaladons une première longueur en libre. Les écailles du rocher sont très fragiles et nous grimpons sur des œufs. Au début de la deuxième longueur après quelques essais infructueux, je tire au clou avant de finir en libre.
Pendant ce temps là les deux Guillaume, Christian, Isabelle et Nolwenn cherchent des voies à leur niveau. Malheureusement il n'y a rien d'équipé, à l'exception d'une voie déversante. Ils essaient donc sur un énorme bloc au pied de la Catedral mais le rocher n'est pas bon. Ils cherchent ailleurs et plus tard avec Claudius nous entendons le bruit sourd d'un gros bloc qui s'écrase au sol. Guillaume n'est pas passé loin de la catastrophe. Le rocher lui est parti dans la main alors qu'il n'avait pas encore mis de dégaine. Il en est quitte pour une grosse frayeur et un beau bout de peau arraché sur le pouce.
Avec Claudius nous continuons tranquillement. Il n'y a plus de pitons mais la voie devient assez facile et je termine en mettant quelques coinceurs et sangles. Partis un peu tard et ne sachant pas si les rappels étaient équipés, nous décidons de redescendre à quelques mètres sous le sommet. Finalement nous trouverons deux points de rappel et nous serons en bas assez vite.
Le bilan de la journée est mitigé : avec Claudius nous sommes satisfaits de notre escalade, les autres grimpeurs sont un peu frustrés et les randonneurs sont contents de leur promenade.

 

 

 

 

 

Culture à la Laguna

Matinée culturelle. Nous allons tous ensemble visiter la ville de la Laguna, classée au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO. Promenade dans les ruelles colorées, montée au clocher de l'église de la Concepcion et… Passage au centre de soins pour montrer le pouce de Guillaume qui n'a toujours pas séché. Il en ressort avec une ravissante poupée.

Rando / Santa cruz del Carmen

Après cette petite page de culture, la ville n'est pas très grande, l'après midi est consacré à une randonnée vers Santa Cruz del Carmen. Nous sommes dans le Nord de l'île et les pluies y sont plus abondantes même si aujourd'hui le temps est ensoleillé. Nous marchons à l'ombre d'une forêt primaire. Guillaume amateur éclairé de la flore, nous commente la visite et cueille les herbes pour la tisane du soir. Cette journée nous aura donné l'occasion de voir un aspect complètement différent de l'île. Rien à voir avec le désert de la caldeira

Rando / Le Guajara

Le Guajara est le troisième plus haut sommet de l'île et il culmine à 2717 mètres sur l'arête de la caldeira qui ceinture les volcans.
C'est une randonnée assez facile de quelques heures dont le départ se trouve à dix minutes de marche du parador. On serpente d'abord au milieu de buissons assez caractèristiques. Pour qui connait la flore, l'île malgré son aspect désertique est riche de 140 espèces endémiques. Nous passons ensuite sous des pans de roche abruptes et après les avoir contournés nous arrivons au sommet. Belle vue sur le Teide sous un ciel bleu dépourvu de nuage.

La descente par l'autre versant se fait au milieu d'un magnifique canyon aux couleurs variées. Des zones de bleues succèdent à la pierre volcanique d'un noir intense.

Escalade / Los Caprichos

A dix minutes de marche du parador, los Caprichos est une magnifique arête ocre posée sur le flanc du Guajara. Il n'existe pas de topo du site, il faut choisir sa voie sur son aspect. Ici c'est plutôt un délit de belle gueule. Les acharnés et les puristes n'y trouveront peut être pas leur compte mais nous nous sommes fait plaisir. Nous avons grimpé des voies entre 5b et 6b d'une vingtaine de mètres. Elles sont relativement nombreuses mais disséminées sur tout le secteur. Il ne faut pas hésiter à fouiner pour découvrir celle qui vous convient. Si les difficultés ne sont pas toujours homogènes, il y a toujours un pas intéressant dans la longueur.

Et si vous êtes là pour le coucher de soleil, lorsque l'ocre s'enflamme dans des tons oranges et roses vous ne regrettez pas le voyage.

 

 

 

 

Rando / Le Teide

Ce ne fut pas simple. Entre 9 et 17h il faut une autorisation pour gravir les cent derniers mètres du Teide. Après un accueil plus que froid, voir quasiment polaire, de l'employée du parc national à Santa Cruz, nous avons bien cru que nous n'irions pas au sommet cette fois-ci. J'ai bien compris pourquoi les mails que j'avais envoyé dans les semaines précédant notre départ étaient restés sans réponse. Le sentier Fosforo qui mène en haut du Teide est fermé à cause de la neige.

Lorsqu'à la fin de la semaine, nous eûmes la confirmation que le sentier n'ouvrirait qu'après notre départ, il nous fallut élaborer un plan B. Le vendredi nous partons donc avec Ludovic pour gravir le Pico Viejo, deuxième sommet de Ténérife à 3134 mètres. De là nous verrons si nous pouvons atteindre le cône du Teide et redescendre par l'autre versant. Le topo décrit une randonnée de 8 heures difficile. Si c'est possible le reste du groupe fera la même chose le lendemain pendant que l'on gardera les enfants.
A 9 h 00 nous partons du parking à 2000 mètres d'altitude. Nous suivons de loin le tracé de la route, contournant une première bosse. Nous marchons dans un simili sous-bois, fait de petits pins suffisamment grand pour nous faire un peu d'ombre. Après 20 à 30 minutes de cette marche tranquille, il est temps de commencer à monter. Nous sortons de la zone boisée, la pente est encore douce. Nous progressons bientôt dans des combes désertiques. Tout n'est que n'est que minérale, pas l'ombre d'un végétal. Après une heure, nous atteignons un trou énorme. Ensuite la pente se raidit notablement, le sentier se perd dans des blocs de lave. Vers 11h30 nous sommes au bord de l'immense cratère de 800m de diamètre du Pico Viejo. C'est immense, c'est beau. Nous le contournons par le plateau qui le borde au Sud. La neige est bien présente et recouvre une bonne partie du paysage mais il fait trop chaud pour que cela gêne notre marche.
Vers midi, nous nous accordons une petite pause pique-nique. Le cône du Teide de notre côté n'a pas de neige, cela semble possible. Il nous reste 600 mètres de dénivelée et le sommet parait tout proche.
La pente se redresse encore, nous cheminons maintenant dans des coulées de lave, au milieu du chaos. Il n'y a plus de sentier, mais seulement des cairns. L'épaisseur de neige est plus importante et nous mouille un peu les pieds. L'altitude se fait sentir, je m'arrête plus souvent, pas longtemps mais régulièrement. Ludovic, lui, est en pleine forme.
Après quelques dizaines de mètres d'une pente de neige, nous atteignons un sentier qui contourne le sommet. Nous ne le prenons pas tout de suite, d'abord nous allons monter tout droit au sommet par une sente légèrement marqué. La première partie passe dans un pierrier de petits cailloux qui glissent sous nos pas. La progression n'est pas aisée mais nous atteignons vite une coulée de lave moins tortueuse que les précédentes. Elle nous mène en quelques minutes à notre objectif au milieu de quelques fumerolles sulfureuses.
A 14h nous sortons les appareils photos et le drapeau de la Grande cordée. Nous sommes sur le toit de l'Espagne à 3718 mètres. Le cratère du Teide est tout petit en comparaison de celui du Viejo. La vue est magnifique : le Guajara, la Catedral, la caldeira dans son intégralité et tout en bas, une mer de nuage au-dessus de la mer.
Après avoir profité de la vue, nous redescendons par le même chemin. Nous empruntons le sentier enneigé qui contourne le cône pour gagner le téléphérique. Nous ne faisons que passer. Il fonctionne mais les gens ne viennent que pour la vue, sur ce versant, la neige de la pente terminale les empêche d'aller plus haut. Nous continuons notre route, le chemin est moins escarpé, plus facile mais aussi plus enneigé. Le panorama s'ouvre sur un désert minéral que nous n'avions pas pu encore apercevoir. Nous faisons une pause au refuge, jetons un coup d'œil à l'intérieur. Il a été refait à neuf il y a peu et il semble vraiment très bien. Le gardien engueule un français qui a ramassé un caillou sur le bord du sentier. C'est un parc national, rien ne doit bouger. Autant je suis pour la protection des sites et des espèces, autant là c'est un peu exagéré.
Nous reprenons notre descente, bientôt la neige disparaît et le sentier devient vraiment facile. Mais c'est vraiment très long. Vers 16h00, nous sommes au pied du Teide, nous prenons un sentier qui part au plus court vers le départ du téléphérique. Malheureusement, c'est une boucle qui nous ramène au point de départ. C'était inscrit sur la carte que nous avons eu la flemme de sortir. Une demi-heure de plus, nous n'étions plus à cela près. Pour retrouver la route nous passons à côté de los Huevos, ces blocs de roche plus ou moins volumineux qui ont été expulsés par le volcan et qui sont plantés de ci de là dans le désert.

Il est aux alentours de 17h lorsque nous rejoignons un parking. Cela fait huit heures que nous marchons, nous avons 1700 mètres de dénivelée positive dans les jambes. Le topo disait vrai, c'est une belle rando mais pas donnée. Nous faisons du stop et quelques minutes plus tard nous sommes emmenées par un couple de hongrois. Cela me permettra de me souvenir que la deuxième étape de la grande cordée était passée par la Hongrie et de les remercier d'un köszönöm triomphant lorsqu'ils nous déposent au parador.
Nous retrouvons nos amis au site d'escalade de los Caprichos où ils grimpent au soleil après avoir le matin fait une randonnée au volcan de la Botija. Lorsque le soleil se couche, nous allons récupérer notre voiture au parking de notre départ à quelques kilomètres de là.

 

Le lendemain le deuxième groupe atteindra le Pico Viejo mais à la suite d'une chute dans la lave et d'une légère blessure à la tête d'une de nos randonneuses, le groupe préférera redescendre à deux cent mètres du sommet. .

 

Bilan

Les deux petits points négatifs d'abord : seulement deux personnes ont atteint le sommet du Teide et nous n'avons pas rencontré de grimpeurs espagnols.

Les points positifs : Le sommet a été atteint alors que c'était incertain jusqu'au bout, nous avons grimpé de belles voies sur de beaux sites et les randonnées étaient magnifiques. Les grands et les petits ont passé une bonne semaine.

 

 

 

Renseignements pratiques

Hébergement : la Finca à Las Galletas. Il y a six beaux gîtes avec une piscine à côté d'une bananeraie. Très bon accueil de Juan, le propriétaire, un peu moins bon de nos voisins allemands (la faute à pas de chance). Le gîte est à environ une heure de route du parador et un peu moins du site d'Arico. Il est à 5 minutes de marche de la mer et Las Galletas est un peu moins bétonné que Las Americas ou Los Cristianos.

http://www.lafincarural.com

Deltour : Le gîte avait été réservé par l'intermédiaire de l'agence Deltour et d'Elisabeth Delon. N'hésitez pas à utiliser ses services, son efficacité, sa gentillesse et ses conseils sont précieux.

http://www.deltour.info

Restaurant : Conseillés par Elisabeth Delon, nous avons mangé à la Casa Mary au 23 de la Carretera General de Las Galletas et nous ne l'avons pas regretté. Sopa canaria et poissons en tout genre, tout le monde s'est régalé pour un prix tout à fait honnête.

Informations générales

vidadesol : le blog incontournal sur Tenerife. C'est une mine d'information en tout genre. Si vous avez une question sur Tenerife vous trouverez votre réponse sur le blog de Carole. Notre regret sur cette semaine, mais çà passe trop vite une semaine, c'est que l'on n'ait pas réussi à se croiser ou aller faire une plongée avec elle. Une autre fois peut être.

http://vidadesol.blogspot.com/2006/08/teide-plan-des-randonnes.html

Location de voiture :

Le moins cher que l'on ait trouvé c'est Orcar. Rien à signaler, sauf que l'essence est vraiment pas cher.

A faire :

Sortie en mer pour voir des globicéphales, des baleines de 6 à 8 mètres de long.

Pour les enfants : promenade sur des ânes : http://www.tenerifedonkeys.com